Une chanson, hommage à un chien
Privé d'enterrement, le jour d'l'enterrement d'son maître
Le maître s'appelait François Mitterrand, il portait bien son nom
Et l'enterrement avait eu lieu, y a une dizaine d'années à Jarnac
Il portait bien son nom aussi, comme disent les mauvaises langues
Le chien d'appelait Baltique
Ils ont peut-être eu peur que je pisse sur le marbre du bénitier
Ou pire que je m'accroupisse devant l'autel immaculé
Peur que je ne lève la patte, quelque part dans les allées
Où siège cette foule ingrate qui nous parle d'humanité
Ils ont considéré peut-être que c'est un amour pas très catholique
Que celui d'un chien pour son maître, alors, ils m'ont privé de cantiques
Un jour pourtant je le sais bien
Dieu reconnaîtra les chiens
Me voilà devant la chapelle, sous cette pluie qui m'indiffère
Tenu en laisse par un fidèle allergique aux lieux de prières
Les gens parlent à côté de moi, tu as de la chance toi au moins
La souffrance ne t'atteint pas, l'émotion c'est pour les humains
Et dire que ça se veut chrétien et ça ne comprend même pas
Que l'amour dans le cœur d'un chien, c'est le plus grand amour qu'il soit
Un jour pourtant je le sais bien
Dieu reconnaîtra les chiens
Je pourrais vivre dans la rue, être bourré de coups de pieds
Manger beaucoup moins que mon dû, dormir sur le pavé mouillé
En échange d'une caresse, de temps en temps d'un bout de pain
Je donne toute ma tendresse pour l'éternité ou plus loin
Prévenez-moi lorsque quelqu'un aimera un homme comme moi
Comme j'ai aimé cet humain que je pleure tout autant que toi
Un jour pourtant je le sais bien
Dieu reconnaîtra les chiens
Un jour pourtant je le sais bien
Dieu reconnaîtra les chiens
C'est encore la musique
De Alain Lanty
Au piano
Merci pour lui
Merci à lui
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